L’amitié Spirituelle

 

arts amitié

 

La plus difficile mais la plus belle des relations

L’initié qui partage ses expériences initiatiques avec autrui doit préserver la relation de toute souillure superficielle. L’amitié spirituelle est la plus difficile des relations et aussi la plus belle parce qu’elle n’appelle aucun compromis. Elle doit être vraie et sans attente, ce qui en fait une relation rare, voire unique dans certains cas. Faites un état des lieux de vos amitiés spirituelles…

En dehors des sentiers battus

L’amitié spirituelle est plus exigeante que toute autre parce qu’elle se situe sur un plan qui réclame une constante vigilance vis-à-vis de soi et de l’autre. On ne peut pas tricher comme c’est le cas des autres types de relations.

Rien n’est pas donnant-donnant comme dans les amitiés communes où les petites embrassades précèdent souvent les gros coups de gueule remplis de susceptibilité. Ici, on veut l’éveil de l’autre et on attend la réciprocité. Il n’est pas question de se faire des courbettes policées ni des petites attentions qui flattent l’ego pour mieux contrôler…

Un judicieux mélange de douceur et de fermeté doit présider dans tous les échanges entre amis spirituels. Pas de condescendance dégoulinante ni de fausse compassion. Un juste regard qui communique sans chercher à paraître ni à faire valoir. On reste sobre de mots et l’on évite le parloir insipide des places et des arènes.

D’égal à égal ?

Nous ne sommes pas égaux et nous ne le serons jamais. Les idéologies qui ont combattu et versé le sang pour cette idée se sont trompées. Les humains se distinguent les uns des autres et c’est précisément ce qui rend leur évolution commune possible.

Les amis spirituels ne cherchent pas à se ressembler comme c’est le cas dans les mondanités habituelles. On sent que l’on partage une expérience commune mais pas identique. On évoque des similitudes mais à des niveaux de perception différents. La confrontation de ces non-ressemblances favorise l’intégration des ressentis. L’autre me comprend mais ne peut pas juger vraiment.

Ainsi, une amitié spirituelle ne nous sert pas à valider nos choix ni les pensées qui nous habitent. Souvent, les gens justifient leurs croyances et leurs actes en se reposant sur l’existence de ceux qui les partagent. L’ami spirituel ne se sert pas de moi pour tenir debout. Je suis ce qui peut compléter son ascension et il est ce qui peut compléter la mienne.

Ne pas compter

Même s’ils le démentent, la plupart des gens tiennent des comptes. Combien de fois m’a-t-il appelé au téléphone ? Combien de fois m’a t-il invité à manger chez lui ? Combien de fois m’a-t-il contredit ?

Il est toujours intéressant de se demander pourquoi on est ami avec quelqu’un. Les raisons qui poussent les êtres à se réunir sous la même bannière ne sont pas toujours très claires ou même avouables.

On n’aime pas se sentir « interessé » alors qu’on l’est forcément. En réalité, il n’y a aucun problème à avoir un intérêt à être ami avec quelqu’un. Au contraire, c’est ce qui fonde la relation. Lorsque chacun est conscient de l’intérêt qu’il a de fréquenter ses amis, les relations sont plus saines et ont plus de chance de durer. Et puis, il y a quand même une différence entre l’intérêt et le profit…

Se traquer mutuellement

La « traque » est une expression empruntée à l’auteur Carlos Castaneda. « Traquer », c’est l’action de surveiller (en soi-même ou chez l’autre) les écarts de la parole et des actes. Une façon d’être à l’affut de ce qui sonne faux.

L’amitié spirituelle – sans être un jeu de la vérité non plus, ce qui serait fatiguant – doit pouvoir fonctionner dans un espace  relationnel où la vigilance est la règle principale. On ne cherche pas à titiller l’autre sans arrêt, ni à le pousser dans ses retranchements. Ce n’est pas une relation thérapeutique. On cherche à faire avancer la conversation dans le sens « socratique » du terme. C’est-à-dire que l’on doit sortir de là en ayant le sentiment d’avoir appris et d’avoir avancé vers une vérité qui exhalte.

Toute susceptibilité est suspecte. Toute justification l’est également. Celui qui « prend la mouche » a perdu. Il faut respirer dans la communication et chercher le juste, sans prise de tête. On doit protéger la relation, pas soi-même ni l’autre. La relation uniquement.

S’entrainer régulièrement

Les amis spirituels ont de l’humour. Ils se vannent régulièrement et pratiquent l’autodérision pour compenser. On peut aussi se « traîter » avec grossièreté pour assouplir l’ego.

La relation doit rester inconditionnelle. Pas d’attente. Pas de désir. Pas de déception. Juste quelque chose de précieux qui ne doit pas durer. On ne s’offusque pas de ne pas avoir de « nouvelles ». Qu’est-ce que les « nouvelles » face à la profondeur d’un silence qui unit deux êtres au delà du temps et de l’espace?

Pas de culpabilité qui mutile le lien, du genre : « Alors, je te croyais mort ! ». Pas de remontrance lorsque l’autre a besoin d’être ailleurs ou avec d’autres. Dans le film « Des hommes remarquables », Gurdjieff enserre son meilleur ami avec compassion alors même que ce dernier le quitte après un voyage en bateau qui devait nourrir leurs espoirs communs. Le sommet de l’amitié c’est quand on nous dit : « Pars !  si tu crois qu’avec un autre, tu seras heureux… »

Respect du silence qui n’est pas absence.
Rien n’est séparé.
Même la mort est impuissante.

Source : Sébastien Barillet (Art du vivant)

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